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    Écrire délivre – Nicolas Goudenove
    Mariepierre

Fenêtres ouvertes

Éloge de la fuite

Mariepierre 29 janvier 2019 17


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Elle est souvent considérée comme péjorative ou obsolète « la fuite ».

Elle est souvent maltraitée, jugée avec mépris, niée aussi consciemment ou inconsciemment.

Pour moi, il y a la fuite réactive, celle qui prend racine dans le cerveau reptilien. Vous savez la fuite instinctive pour sauver sa peau, ne pas mourir, ce réflexe qui sauve. Et il y a aussi, la fuite réfléchie, voire mûrement réfléchie que j’appelle la « fuite sage » ou « consciente ». Dans les deux cas, la fuite est salvatrice, vitale. C’est la peur de la mort qui met en mouvement.

Celle dont j’ai envie de vous parler, c’est la « fuite sage ». Celle dont les gens qui l’ignorent disent « Tu as fui la situation, méfie-toi, tu vas la revivre » ou bien « Tu sais, tu retrouveras la même personne, même à des milliers de kilomètres de distance. Cette situation, avec le même genre de personne tu vas la retrouver. Autant rester ! ».

Alors.. Laissez-moi vous raconter..

L’irrationnel

Pour commencer, il n’y a aucun danger imminent, aucune attaque, aucun signe visible pour avoir besoin ou envie de se carapater. Il y a un ressenti, un malaise, un mal-être. Une sensation qui irradie le corps tout entier et que pourtant la raison enterre avec du « bon sens ». Il y a l’interdit ou l’absurdité de penser qu’il y a danger. Puis, il y a l’évidence !

 

La fuite « sage »

Alors, action ou réaction ?..

 Et si le ressenti réactif du reptilien était le signe d’une action constructive ?..

La distance physique, géographique et psychique permet le recul nécessaire qui permet à son tour de regarder et changer la vision, réparer son intérieur, re-partir autrement. Elle sauve non pas le corps dans un premier temps –quoique cela puisse être le cas parfois- elle sauve l’âme et donc la vie et son évolution, la capacité de s’améliorer, se développer, s’élever..

Ce qui est bienfaisant dans la « fuite sage », c’est le repli sur soi qu’elle permet si, et seulement si, l’être humain que nous sommes tous grâce à la capacité de réflexion que nous avons, décide d’en faire quelque chose.. autre chose qu’un mouvement de pure réaction.

La fuite « sage » est un parcours difficile. Elle est parsemée d’épreuves, de doutes, de chagrins, et aussi du deuil de ce qui ne sera jamais car il n’a jamais été.. semée de rencontres qui font se relever ou écrasent, qui rassurent ou empoisonnent.

Oui, il est fort probable que grâce à cette fuite-là, lucide, la Vie soit au rendez-vous. Sûrement, peut-elle même permettre d’être plus fort grâce aux expériences vécues, les ressentis bénéfiques qui émergent et font naître une trame nouvelle, tel un apprentissage à accueillir puis à s’efforcer de reproduire.

Alors, voilà ! Voilà pourquoi il est important pour moi de m’avancer sur le terrain de la fuite « sage ».

Il n’y a de fuite heureuse qu’après reconnaissance du ressenti et un travail sur soi en amont et en aval..

La fuite proprement dite sera donc vécue en conscience, c’est là toute la différence de la fuite « réactive », mais ça c’est mon avis ! Car il en faut du courage pour s’y frotter à la sagesse de la fuite.. et à fuir en toute conscience !

 

Le sens de la fuite

Le bénéfice de ce recul est « vital ». Il l’est tout autant que le sens qu’il se doit de donner à la fuite. Au sens premier, cela peut être : tout simplement vivre ! Au deuxième sens : la force de la « fuite sage » peut être une contribution à la Vie.. tout simplement aussi !

Le comment s’écrit au fil du temps.. chaque jour.. Pour pluss de Vie, plus de Lumière..

Je parle par expérience, bien sûr ! Vous l’aurez compris..

Car oui ! j’ai été taxée d’avoir fui.

La première fois, je me souviens, cela a été désagréable. Je me suis sentie jugée, honteuse même. J’ai entendu et perçu que j’aurais « pu faire autrement.. j’aurais même dû faire autrement »..

Oui. Certainement. Peut-être.. Ou pas.

Dans quel état me trouverais-je aujourd’hui si je n’avais pas eu ce courage, cette force vive en moi de m’extirper du malsain, de la négativité omniprésente qui me rongeait, de l’univers morbide et mortifère qui était mon quotidien et qui m’a accompagné durant les 4 années avant mon départ ?.. et peut-être même bien avant encore de façon moins prégnante, mais dont l’atmosphère présageait déjà une apogée insensée.

Aujourd’hui, je rends louange à ma fuite. Je rends louange à ma recherche pendant les années d’errance affective et psychologique qui ont précédées. Années qui ont bâti mon éveil grâce à ma capacité d’introspection, d’observation et mon positivisme inconditionnel. Je rends louange aux personnes bienveillantes qui ont sillonnées mon chemin, m’ont accueillies, hébergées, soutenues, encouragées.

 

Je vous invite donc à aller le rencontrer ce ressenti désagréable, et surtout aller le regarder de l’intérieur.. Et puis fuir, si nécessaire bien sûr !.. Et en conscience évidemment 😉 !

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